L’EPS et la situation emblématique des compétences : une évaluation simple, lisible qui valide la compétence dans sa globalité et qui valorise les progrès… mais comment rendre compte simplement aux élèves, aux familles ?

Les compétences attendues des programmes de 2008 ciblaient, dans chaque APSA, les acquisitions visées en fin de cycle d’apprentissage. Chacune d’elles s’inscrivait dans l’une des quatre compétences propres à l’EPS et mobilisait plusieurs compétences méthodologiques et sociales. Elles constituaient le référentiel des compétences attendues. Leurs formulations permettaient de cerner le lien que chaque APSA entretenait avec l’une des compétences propres et permettaient l’identification d’un degré d’efficacité au regard d’un problème moteur caractéristique de chaque niveau. Elles exprimaient aussi les principales attentes méthodologiques et sociales dans l’APSA, sans exclure la possibilité d’en aborder d’autres.

Les nouveaux programmes, en vigueur à la rentrée 2016, qui prennent appui sur le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture ne sont pas en rupture avec ces programmes qui ont permis d’en finir avec l’éternel débutant en EPS. Tout comme en 2008, du moins pour l’EPS qui était déjà dans une logique de cycle avec le niveau 1 exigible en 6ème et le niveau 2 attendu en 3ème, ces programmes se donnent pour objectif d’assurer la cohérence et la progressivité des apprentissages de l’école élémentaire au collège. Néanmoins, dans cette nouvelle organisation l’enseignant doit opérer des choix pédagogiques pour les mettre en œuvre au regard des rythmes d’apprentissage des élèves et des attendus dans les quatre champs d’apprentissage de l’EPS.

  • Produire une performance optimale, mesurable à une échéance donnée
  • Adapter ses déplacements à des environnements variés
  • S’exprimer devant les autres par une prestation artistique et/ou acrobatique
  • Conduire et maitriser un affrontement collectif ou interindividuel

Chaque cycle des programmes (cycle 2, 3, 4) doit permettre aux élèves, grâce à une programmation équilibrée, exigeante et diversifiée, de rencontrer les quatre champs d’apprentissage afin d’avoir la certitude de construire les compétences intégrant les différentes dimensions des Activités Physiques Sportives et Artistiques (motrice, méthodologique, sociale). De plus, comme toutes les autres disciplines, l’EPS répond aux enjeux de formation du socle commun en permettant à tous les élèves, filles et garçons ensemble et à égalité, a fortiori les plus éloignés de la pratique physique et sportive, de construire cinq compétences travaillées en continuité durant les différents cycles :

  • Développer sa motricité et apprendre à s’exprimer en utilisant son corps
  • S’approprier par la pratique physique et sportive, des méthodes et des outils
  • Partager des règles, assumer des rôles et des responsabilités
  • Apprendre à entretenir sa santé par une activité physique régulière
  • S’approprier une culture physique sportive et artistique

Avec cette nouvelle logique de cycle, les modalités d’évaluation évoluent en privilégiant une évaluation positive, simple et lisible, qui valorise les progrès, soutient la motivation et encourage les initiatives des élèves. La maîtrise des compétences du socle commun s’évalue désormais sur la base des connaissances et compétences fixées par les programmes d’enseignement, permettant une seule et même évaluation des acquis. Les attendus de fin de cycle précisés dans les programmes donnent aux équipes enseignantes, aux élèves et à leurs familles les repères nécessaires pour apprécier le degré d’acquisition des connaissances et des compétences ainsi que la progression de chaque élève au cours du cycle.

En cours de cycle, ces modalités de l’évaluation sont laissées à l’appréciation des équipes, dès lors que les connaissances et compétences acquises et celles restant à consolider avant la fin du cycle sont clairement explicitées pour les élèves et leurs parents. Les modalités d’évaluation constituent un objet de travail essentiel pour les conseils de cycle, à l’école primaire, ou pour le conseil pédagogique, au collège. Et ce n’est qu’en fin de cycle, que le niveau de maîtrise de chacune des composantes du socle commun de connaissances, de compétences et de culture sera apprécié selon une échelle de référence comportant quatre échelons (maîtrise insuffisante, maîtrise fragile, maîtrise satisfaisante et très bonne maîtrise).

Pour gagner en cohérence et améliorer le suivi des apprentissages, dans le parcours de l’élève, un livret scolaire de la scolarité obligatoire est créé pour chaque élève inscrit dans une école ou un collège de l’enseignement public ou privé sous contrat. Ce livret scolaire comprend des bilans périodiques, qui se substituent aux actuels livrets des écoles et aux bulletins des collèges, des bilans de fin de cycle et les attestations officielles obtenues par l’élève à l’école ou au collège.

Selon l’arrêté du 31 décembre 2015, au cycle 3, le contenu des bilans périodiques de l’évolution des acquis scolaires de l’élève sont établis par chaque école pour les classes de cours moyen première année (CM1) et les classes de cours moyen seconde année (CM2) et par chaque collège pour la classe de sixième. Ils sont renseignés et communiqués aux parents ou au responsable légal de l’élève plusieurs fois par an. Le cas échéant, les bilans périodiques sont également complétés avant tout changement d’école ou de collège. Au cycle 4, le contenu des bilans périodiques de l’évolution des acquis scolaires de l’élève est établi par chaque collège. Ils sont également renseignés et communiqués aux familles plusieurs fois par an. Le cas échéant, les bilans périodiques sont également complétés avant tout changement d’établissement scolaire

Ces bilans périodiques seront donc de véritables outils de communication entre collègues pour faciliter le positionnement de l’élève sur l’échelle du niveau de maîtrise des compétences du socle, car ils s’appuient sur le bilan de ce qu’il a acquis durant le cycle. La maîtrise du socle ne résulte pas d’une évaluation spécifique, mais s’apprécie à partir du suivi régulier des apprentissages que les enseignants réalisent au regard des objectifs fixés par les programmes pour les différents enseignements qui contribuent à l’acquisition des compétences des cinq domaines du socle. À la fin de chaque cycle, l’équipe pédagogique détermine la position de l’élève dans chaque composante du socle commun à partir des avis des différents professeurs concernés. Ce positionnement résulte de la synthèse des éléments permettant le suivi des acquis scolaires des élèves, notamment des appréciations portées par les membres de l’équipe pédagogique du cycle et le degré de maîtrise des composantes du socle commun est apprécié, à la fin des cycles d’enseignement  2, 3 et 4, sur une échelle de quatre niveaux :

  • le niveau 1 de l’échelle (« maîtrise insuffisante ») correspond à des compétences non acquises au regard du cycle considéré ;
  • le niveau 2 (« maîtrise fragile ») correspond à des savoirs ou des compétences qui doivent encore être étayés ;
  • le niveau 3 (« maîtrise satisfaisante ») est le niveau attendu en fin de cycle, c’est lui qui permet de valider à la fin du cycle 4 l’acquisition du socle commun ;
  • le niveau 4 (« très bonne maîtrise ») correspond à une maîtrise particulièrement affirmée de la compétence, qui va au-delà des attentes pour le cycle.

 

Mais comment assurer le suivi des apprentissages en EPS ? Cet article, avec un exemple en escalade, vous accompagne dans vos réflexions et vous apporte différentes propositions susceptibles de formaliser vos bilans périodiques qui deviennent des outils de régulation de l’activité professionnelle, aident l’enseignant à repérer les acquis de l’enfant pour différencier et faire progresser chacun. Si c’est à l’enseignant de programmer les apprentissages dans sa classe, il revient à l’équipe la responsabilité d’organiser et de définir les différentes étapes de ces apprentissages de cycle.

 

RIGOTTARD Didier

IA IPR EPS de la Polynésie Française