L’autoévaluation en va’a au lycée de Taravao.

Dans le cadre de ma mission d’inspection, je m’assure de la qualité de l’enseignement dispensé au regard des apprentissages et acquis des élèves. Pour moi, si l’inspection individuelle répond au besoin de gestion de la carrière des personnels, elle a surtout pour objectif premier d’accompagner les professeurs titulaires, stagiaires et contractuels. Ces visites dans vos classes sont donc des espaces d’échanges professionnels et de formation, d’accompagnement des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation. En prenant appui sur le contexte de vos établissements, j’inspecte également le travail d’équipe. Ces évaluations individuelles et collectives permettent de faire évoluer les pratiques au service de la réussite des élèves, surtout les plus fragiles. En proposant des réponses adéquates, elles sont donc un espace de formation de proximité essentiel. Ma motivation est alors d’apporter aux enseignants des conseils personnalisés tout au long de leur parcours professionnel. Mais elles sont aussi un formidable espace-temps de valorisation de vos compétences, c’est ainsi que lors de mes visites je suis susceptible de vous proposer de mettre en ligne, certaines de vos réflexions, organisations ou outils didactiques et pédagogiques.

Le 27 avril 2017, j’ai inspecté M ATENI avec une classe de seconde de baccalauréat professionnel. L’activité support de l’enseignement était le va’a, activité hautement culturelle en Polynésie Française. C’est sa proposition d’autoévaluation des élèves que je vous propose de partager.

Avec la refondation pour l’école, les pratiques d’évaluation doivent évoluer. Face aux résultats des élèves en grande difficulté, on comprend mieux aujourd’hui l’importance d’effectuer une évaluation positive pour faciliter les apprentissages. Parmi le spectre large des systèmes d’évaluation, l’autoévaluation peut améliorer la motivation et par là même les progrès. L’autoévaluation comme outil formatif favorise la construction d’une image positive de soi et donc l’engagement des collégiens et lycéens dans le processus d’apprentissage. Lorsqu’enseignants, mais aussi élèves déterminent avec lucidité des objectifs d’apprentissage proche de la difficulté optimale, donc réalistes, alors chaque apprenant accepte les efforts et utilisent les ressources nécessaires pour développer leurs compétences. C’est en accompagnant les élèves dans ce travail de mise en projet et en offrant des outils pour rendre compte du travail réalisé que les enseignants contribuent à l’amélioration de l’apprentissage, à l’augmentation du sentiment de compétence et donc de la confiance en soi.

Le va’a 6 places est composé de 6 postes qui ont des fonctions du rameur caractéristiques. M ATENI pour simplifier les apprentissages se focalise sur trois postes :

1.      « Te faahoro »:

le rameur numéro 1 donne le rythme et le numéro 2  guide le rythme pour le numéro 4.

2.      « Te turai » :

les numéros 2, 3, 4 et 5 ce sont les moteurs, les pousseurs. Le numéro 3 émet un appel (« tare » en tahitien) de changement de bordé, où tous les rameurs changent de côté. Cet appel a des retentissements stratégiques sur le rythme, la cadence ou encore si il faut ramer plus en profondeur ou pas.

3.      « Te peperu » :

le numéro 6 est le barreur, pièce maitresse de la pirogue car il donne le cap. Il est secondé par le numéro 5 « Te numera pae » pour que le barreur puisse plus facilement diriger la pirogue.

Ces outils d’évaluation vont dans le sens d’une évaluation en direct pour réaliser des diagnostics, mais aussi pour accompagner l’élève dans sa formation par des mises en projet réalistes et enfin une confirmation de la compétence visée. Des vidéos viendront plus tard pour mieux reconnaître et évaluer ces différents rôles.

RIGOTTARD Didier

IA IPR EPS de la Polynésie Française.